Challenger de La Réunion : Bordeaux 3×3 décroche sa première demi-finale de l’année et valide son billet pour le Master de Lausanne
Après plusieurs semaines passées à enchaîner les déplacements aux quatre coins du monde, Bordeaux 3×3 avait une mission claire ce week-end à La Réunion : aller chercher une qualification pour un Master du FIBA 3×3 World Tour.
Mission accomplie.
Au terme d’un tournoi intense, les Bordelais repartent avec une belle quatrième place, leur meilleur résultat de la saison sur le circuit mondial, mais surtout avec le précieux billet pour le Master de Lausanne. Une récompense méritée pour un groupe qui continue de franchir des étapes face aux meilleures équipes de la planète.
Une phase de poule sous haute tension
Le tirage n’avait rien d’un cadeau.
Dans une poule composée de Vienne, dixième équipe mondiale, et des Malgaches d’Antananarivo, Bordeaux savait qu’il faudrait être prêt dès les premières possessions.
Face aux Autrichiens, les Bordelais réalisent une prestation très aboutie. Le collectif fonctionne, chacun trouve sa place et tous les joueurs participent à l’effort offensif : Paco inscrit cinq points tandis que ses trois coéquipiers terminent à quatre unités chacun. Avec un solide 38 % de réussite derrière l’arc, Bordeaux reste au contact tout au long de la rencontre.
À 17-17, tout est encore possible.
Mais l’expérience de Vienne fait la différence dans les derniers instants. Les Autrichiens gèrent mieux les possessions décisives et s’imposent finalement 21 à 17, malgré plusieurs occasions bordelaises de revenir.
Une défaite frustrante, mais qui confirme que Bordeaux est capable de rivaliser avec les équipes du Top 10 mondial.
Une qualification arrachée au mental
Le deuxième match face à Antananarivo avait tout du piège.
Sortis des qualifications, les Malgaches jouent libérés, imposent un rythme très élevé et enchaînent les actions imprévisibles. Leur adresse leur permet même de prendre une avance de six points (14-8) à trois minutes de la fin.
Beaucoup d’équipes auraient pu céder. Pas Bordeaux.
L’expérience du groupe parle. Paco déclenche le premier tir à deux points, immédiatement suivi par Antoine Eito qui enchaîne lui aussi derrière l’arc pour ramener Bordeaux à une longueur seulement.
Le match bascule est complètement relancé.
Les Bordelais reviennent, arrachent la prolongation et gardent leur sang-froid. Après avoir encaissé le premier panier, Antoine répond immédiatement par un tir à deux points qui met fin au suspense et envoie Bordeaux en quart de finale.
Une prestation majuscule pour le meneur bordelais, auteur de 13 points et d’un excellent 3 sur 5 à longue distance.
Bordeaux fait tomber Kandava
En quart de finale, Bordeaux retrouve Kandava, une formation emmenée par un champion olympique et trois jeunes Lettons particulièrement prometteurs.
Une nouvelle fois, le plan de jeu est parfaitement exécuté.
Antoine Eito se montre injouable dans les duels, attaque sans cesse le cercle et provoque de nombreuses fautes. À l’intérieur, Alex Vialaret protège le panier avec deux énormes contres avant de sanctionner lui aussi derrière l’arc avec un solide 2 sur 4 à deux points.
Défensivement, Bordeaux contrôle les points forts adverses et ne laisse jamais Kandava installer son rythme.
Victoire 21 à 18.
Les Bordelais rejoignent le dernier carré avec le sentiment de maîtriser leur sujet et de pouvoir encore rêver plus grand.

Une demi-finale qui laisse des regrets
Face à Anvers, sixième équipe mondiale et récente vainqueure du Challenger de Lion City, la marche semblait encore plus haute.
Pourtant, Bordeaux réalise probablement son match le plus abouti du week-end.
Les Girondins imposent leur rythme, défendent avec énormément d’intensité et prennent jusqu’à cinq points d’avance (16-11). Le collectif tourne parfaitement et Alex réalise une prestation offensive remarquable avec 10 points.
Mais les Belges ne paniquent pas.
Portés par Jonas Foerts puis Denis Donkor, ils reviennent progressivement dans la rencontre. Bordeaux résiste, reste devant jusqu’à 19-19, mais ne parvient pas à convertir plusieurs possessions importantes pour faire basculer définitivement la rencontre.
À ce niveau, le moindre détail compte.
Donkor finit par inscrire le panier de la victoire et Anvers s’impose 21 à 19, laissant les Bordelais avec un sentiment de frustration tant ils avaient longtemps eu le match entre leurs mains.
Lausanne en ligne de mire
La déception est réelle au moment de quitter le terrain.
Parce que cette demi-finale semblait à portée de main. Parce que Bordeaux avait une nouvelle fois montré qu’il pouvait rivaliser avec les meilleures équipes du circuit mondial.
Mais pour Anatole Guérin, l’entraineur, le bilan est plutôt positif :
« Ce week-end, on atteint l’objectif qu’on s’était fixé en décrochant cette qualification pour Lausanne. Évidemment, il y a un peu de frustration parce qu’on avait les moyens d’aller chercher cette finale, mais ce sentiment montre aussi le chemin parcouru. Il y a pas si longtemps que ça, perdre une demi-finale contre la 6e équipe mondiale aurait été un exploit. Aujourd’hui, on ressort en se disant qu’on aurait dû gagner. Ça prouve que le groupe progresse et qu’il devient de plus en plus exigeant avec lui-même. »
En terminant quatrièmes du Challenger de La Réunion, les Bordelais signent leur meilleure performance de la saison sur le World Tour et atteignent l’objectif fixé avant le départ : décrocher une qualification pour le Master de Lausanne.
Après cinq tournois disputés sur le circuit mondial cette saison, les automatismes continuent de se renforcer et le groupe confirme qu’il a les armes pour regarder les meilleures équipes mondiales dans les yeux. À noter la belle statue du tournoi avec Eddy qui termine les 4 matchs sans la moindre perte de balle !
Antoine revient sur ces 2 premiers Challenger de l’année :
« Personnellement, je suis très content de ces deux tournois. J’avais plus de rythme et de repères que sur ma première sortie, j’ai essayé d’apporter ce que je sais faire, aussi bien dans la création que dans les petits détails défensifs ou au rebond. Au-delà du terrain, on a passé quinze jours de grande qualité avec le groupe. On repart avec une qualification, de très bons souvenirs… et forcément un petit goût d’inachevé qui donne envie de revenir encore plus fort. »
Place à quelques jours de repos qui permettront désormais de recharger les batteries avant un été particulièrement dense, avec en ligne de mire les prochains rendez-vous du World Tour… et un deuxième Master cette saison où Bordeaux ira, une nouvelle fois, avec l’ambition de bousculer la hiérarchie.


