Il y avait déjà beaucoup à jouer en arrivant à Lausanne. Qualifiés pour le Master de Lausanne, le plus haut niveau de compétition du circuit FIBA 3×3, grâce à leur performance au Challenger de La Réunion, les Bordelais savaient qu’ils allaient devoir se frotter à ce qui se fait de mieux sur le circuit mondial.
Trois jours plus tard, le bilan est particulièrement positif : un quart de finale de Master, de précieux points au ranking FIBA et surtout une nouvelle qualification pour un Challenger du World Tour, à Madrid en octobre. Le tout avec un roster inédit et sept matchs disputés en trois jours.
Un Master relevé et une entrée en matière prometteuse
Pour ce Master, Bordeaux 3×3 retrouvait un roster composé d’Alex Vialaret, Manu, Paco et Dylan. Alex et Manu faisaient leur retour après plusieurs semaines éloignés des terrains, tandis que Paco et Dylan enchaînaient après les deux Challengers joués en Mongolie et aux États-Unis.
Une équipe qui n’avait donc encore jamais évolué ensemble dans cette configuration.
Le tirage au sort n’avait rien offert de facile avec Anvers, l’une des meilleures équipes européennes, et Lausanne, l’équipe locale, qui restait sur une victoire en Challenger quelques semaines auparavant.
Face aux Belges, les Bordelais réalisent un match très sérieux. L’impact défensif permet de limiter les solutions d’Anvers et de pousser les Belges jusqu’à la prolongation. Mais sur la première possession de celle-ci, Jonas Foerts sort un tir exceptionnel, en déséquilibre, pour offrir la victoire à Anvers.
Défaite 19-21. Mais Bordeaux reste en vie : Lausanne s’étant également incliné face aux Belges, tout allait se jouer dans le dernier match de poule.
Une prolongation qui restera dans les mémoires
Le scénario est simple : une victoire et Bordeaux rejoint les quarts de finale, une défaite et le Master s’arrête là.
Dans une enceinte pleine à craquer, sur un des spots mythique du circuit, les Bordelais doivent affronter l’équipe locale. Forcément, l’ambiance est particulière. Bordeaux est l’équipe à faire tomber.
Le début de match est compliqué. L’adresse fuit les Bordelais et Lausanne prend progressivement les commandes. À l’approche du deuxième temps mort télévisé, les Suisses comptent cinq points d’avance.
Mais l’équipe ne lâche pas.
L’impact physique finit par payer. Les stops défensifs s’enchaînent et Bordeaux revient possession après possession. Jusqu’à cette dernière action.
Alors que le chronomètre arrive à son terme, Alex Vialaret se retourne et déclenche un tir à deux points venu d’ailleurs. Le ballon rentre. Bordeaux arrache la prolongation au buzzer.
Et comme si cela ne suffisait pas, le scénario se répète quelques secondes plus tard.
Sur une nouvelle situation dessinée pour Alex, le Bordelais reçoit le ballon, prend un tir malgré une défense présente et trouve à nouveau la cible. Deuxième tir à deux points consécutif. Deuxième coup de poignard. Bordeaux s’impose et rejoint les quarts de finale du Master de Lausanne.
Une séquence qui résume parfaitement ce qu’est le 3×3 : un match peut basculer sur une possession, un tir, un détail.
« On a vraiment dû aller chercher cette qualification. Ce sont ces moments-là qui font la différence dans un Master. »

Un quart de finale face à Bonn
Le lendemain, changement de décor. Bordeaux retrouve la jeune équipe allemande de Bonn, impressionnante depuis le début du tournoi avec deux victoires en phase de poule.
Le défi est avant tout physique.
Malgré un plan de jeu cohérent et une volonté de limiter l’adresse extérieure allemande, les Bordelais subissent l’impact de Bonn dans la raquette. Jusqu’à la moitié du match, l’écart reste limité, notamment grâce à une défense qui empêche les Allemands de trouver de l’adresse derrière l’arc.
Mais Bordeaux manque de solutions offensives et d’adresse pour recoller.
Les Allemands s’imposent finalement et poursuivent leur route jusqu’au titre, avec deux victoires très larges en demi-finale puis en finale.
Forcément, la déception est présente. Le sentiment de ne pas avoir pu réellement exprimer notre jeu laisse un goût amer. Mais ce quart de finale de Master reste une performance solide face à l’élite mondiale et permet surtout de continuer à engranger des points importants au ranking FIBA.
Et le week-end est loin d’être terminé.
Dimanche : remettre les compteurs à zéro
À peine le Master terminé, il faut déjà repartir.
Lausanne accueillait le lendemain une étape du Tour Suisse 3×3, avec à la clé une qualification pour le Challenger de Madrid. Le tournoi se déroulant exactement au même endroit, Bordeaux décide de tenter sa chance.
La priorité est donc simple : récupérer, retrouver de l’énergie et repartir au combat.
La phase de poule est parfaitement maîtrisée avec deux victoires face à des équipes suisses. Bordeaux termine premier et évite ainsi Lausanne et Utrecht, les deux principales menaces du tableau, jusqu’à la finale.
En quarts de finale, Zurich propose une véritable bataille. Mais une nouvelle fois, la défense bordelaise fait la différence. L’équipe limite fortement l’impact extérieur des Suisses et peut ensuite imposer son avantage physique pour rejoindre le dernier carré.
En demi-finale, Genève se présente avec beaucoup d’énergie et impose un nouveau combat physique. La fatigue commence à se faire sentir, les jambes sont lourdes et l’adresse devient plus difficile à trouver.
Mais l’expérience parle. Bordeaux maîtrise la fin de match et décroche son billet pour la finale.
Une finale pour Madrid
Dernier obstacle : Lausanne.
Deux jours après les avoir éliminés du Master, chez eux, les Bordelais retrouvent les Suisses avec un ticket pour le Challenger de Madrid à aller chercher.
La fatigue est importante, l’adresse extérieure toujours difficile à trouver et Lausanne démarre mieux.
Mais Paco va alors sortir un grand match. Malgré les jambes lourdes, il multiplie les courses, les backdoors et les drives et ramène Bordeaux dans la rencontre, notamment grâce à un tir à deux points qui permet aux Bordelais de revenir à 10-10.
La fin de match est à l’image du week-end : engagée, physique et indécise.
Tout se joue dans les dernières possessions, entre fautes provoquées, lancers francs et sang-froid.
À ce petit jeu, Bordeaux se montre plus solide et s’impose de deux points face à Lausanne.
Direction Madrid.

Un week-end qui compte
Ce long week-end suisse aura donc été particulièrement rentable pour Bordeaux 3×3.
Un quart de finale de Master, des points supplémentaires au ranking FIBA, mais surtout une nouvelle qualification pour le Challenger de Madrid en octobre.
Au-delà des résultats, ces trois jours auront aussi permis à ce nouveau roster de prendre des repères en multipliant les matchs face à des adversaires de très haut niveau.
Après un Master, un tournoi national et huit matchs en trois jours, les organismes ont forcément besoin de souffler.
Mais pas pour longtemps.
Dès cette semaine, Bordeaux 3×3 retrouve la compétition à domicile, placette de Munich, pour une nouvelle étape internationale. Une occasion unique de jouer devant notre public, dans l’un des plus beaux spots 3×3 de la saison.
On vous attend nombreux pour venir pousser les Bordelais à la maison.




