Un troisième rendez-vous mondial au cœur d’un bloc exigeant
Troisième tournoi du World Tour, troisième déplacement en Chine en l’espace de cinq semaines. Le Challenger de Xi’an s’inscrivait dans une séquence dense pour Bordeaux 3×3, marquée par des voyages longs, des temps de récupération réduits et des semaines d’entraînement raccourcies.
Un enchaînement exigeant, où la fatigue commence logiquement à peser.
Mais Xi’an n’est pas une destination anodine pour le groupe. C’est ici, un an plus tôt, que Bordeaux 3×3 avait atteint la première finale de Challenger de son histoire. Un souvenir fondateur, qui nourrissait forcément des ambitions au moment d’y revenir.
Dans une poule homogène, les Bordelais retrouvaient Raudonvaris, formation lituanienne du top 10 mondial avec deux champions d’Europe en titre, ainsi que Xi’an, équipe locale jeune mais renforcée par l’Américain Andrew Kelly, habitué des grandes échéances sur le circuit.
Un combat accroché face à Raudonvaris
Le premier match donnait immédiatement le ton. Battus d’entrée par Xi’an, les Lituaniens abordaient cette rencontre dos au mur.
Ils frappaient fort dès les premières possessions. 3-0, puis 7-1, avec une adresse impressionnante longue distance (3/4 à deux points). Bordeaux subissait.
Il a fallu attendre le premier temps mort télé pour voir une réaction. Le curseur d’intensité monte, les visages se ferment, et le match change de rythme.
Alex sonne la révolte avec deux tirs primés pour ramener les siens (13-9). Dans la foulée, Manu impose sa présence dans la raquette. Un panier avec la faute, du contact, de l’impact. Bordeaux revient à un point (13-12).
Le money time est irrespirable. À 10 secondes de la fin, Paco arrache une prolongation sur une finition pleine de sang-froid.
Mais en overtime, l’expérience lituanienne fait la différence. Marius Uzupis, champion d’Europe en titre, inscrit le tir décisif après une tentative manquée côté bordelais.
Score final : 21-19.
Une défaite frustrante, mais révélatrice. Mal embarquée, l’équipe a su revenir, s’adapter, et passer tout près d’un exploit.
Réaction obligatoire et qualification au bout de l’effort
Le deuxième match face à Xi’an ressemblait déjà à une finale. Une victoire envoyait Bordeaux en quart de finale. Une défaite mettait fin au tournoi.
Cette fois, l’entame est à l’opposé. Manu déclenche à longue distance, Eddy enchaîne dans la foulée. 3-0, le ton est donné.
Mais les locaux ne lâchent rien. Portés par leur public, ils recollent, puis passent devant (13-11 à 4 minutes de la fin).
Le match bascule alors dans une autre dimension. Plus physique, plus tendu.
Bordeaux répond avec autorité. Un run de 5-0, marqué par deux tirs à deux points signés Alex et Eddy. Le momentum change de camp.
La fin de match est maîtrisée. Les Bordelais gardent leur sang-froid pour s’imposer 20-18 et valider leur qualification.
Phoenix trop adroit, Bordeaux s’arrête en quart
En quart de finale, Bordeaux retrouvait Phoenix, une équipe américaine issue des qualifications mais déjà remarquée après une victoire contre Barcelone en poule.
Un groupe talentueux, emmené notamment par Kyle Guy, ancien joueur NBA, capable de créer des écarts rapidement.
Et c’est exactement ce qu’il s’est passé.
Malgré un match sérieux et appliqué, Bordeaux a souffert face à l’adresse extérieure adverse (40 % à deux points).
Manu a pourtant dominé dans la peinture, terminant avec 10 points, mais le manque de réussite longue distance a empêché l’équipe de rester au contact.
Score final : 21-16.
Une élimination frustrante, tant l’opposition semblait à portée. Mais au plus haut niveau du 3×3, chaque détail compte.
Continuer d’avancer, déjà tourné vers la suite
Au-delà du résultat, ce tournoi laisse forcément un sentiment partagé. Si Bordeaux 3×3 a montré qu’il pouvait rivaliser avec des équipes du très haut niveau, l’élimination en quart de finale face à une équipe de Phoenix moins bien classée ressemble davantage à une occasion manquée.
À ce niveau, les matchs se jouent sur des détails, et cette fois, ils n’ont pas tourné du bon côté. Un manque d’adresse, quelques possessions mal négociées, et l’écart se creuse vite.
Le groupe en est conscient. Ce type de rencontre doit basculer en sa faveur s’il veut continuer à franchir des caps sur le circuit mondial. Le travail est identifié, et l’état d’esprit reste le même : avancer, ajuster, et faire en sorte que la prochaine fois, ces matchs-là tournent du bon côté.
La suite arrive vite. Retour en France en début de semaine, avant un stage de présélection à Toulouse pour Alex, Manu et Paco, puis un nouveau défi dès le week-end prochain avec un Quest en Pologne, qualificatif pour le Master de Vienne.



