On a beau parcourir le monde et jouer dans des endroits parfois extraordinaires, il y a quelque chose de différent lorsque l’on joue à la maison.
Ce week-end, Bordeaux accueillait la cinquième édition du Challenger de Bordeaux 3×3. Sur les quais, Placette de Munich, dans un cadre exceptionnel et devant des tribunes une nouvelle fois bien remplies, nous avions rendez-vous avec notre public. Un moment que nous attendions forcément avec impatience.
Mais le sport ne raconte pas toujours l’histoire que l’on imagine.
Notre parcours s’est arrêté dès vendredi soir, au terme d’une phase de poule particulièrement relevée. Une immense frustration sur le plan sportif, forcément. Mais aussi beaucoup de gratitude et d’émotion lorsque l’on regarde tout ce que nous avons vécu autour de ce tournoi.
Un tirage à la hauteur du plateau
Le niveau du Challenger était particulièrement dense et notre poule ne nous a pas épargnés.
Pour débuter, nous retrouvions Ub, numéro un mondial, avant d’affronter les jeunes Croates de Cibona, une équipe qui nous devance actuellement au classement mondial.
Deux matchs, deux gros défis et très peu de place pour l’erreur.
Vendredi soir, face aux Serbes, nous avons mis quelques secondes à véritablement entrer dans notre match. Peut-être le bruit des tribunes, l’émotion de jouer à domicile ou simplement la particularité de se retrouver face à la meilleure équipe du monde. Ub a rapidement pris les devants.
Mais les garçons ont vite redressé la barre.
Petit à petit, nous avons trouvé notre rythme et proposé une prestation complète, intense et engagée. Défensivement, nous avons réussi à imposer certaines de nos intentions et même à contenir Strahinja Stojic à zéro point, lui qui est pourtant l’un des scoreurs les plus dangereux du circuit.
Face au numéro un mondial, nous avons répondu présent. Le match est resté accroché jusqu’au bout, mais nous avons finalement dû nous incliner.
Une défaite, mais aussi des certitudes avant le match qui allait décider de notre avenir dans le tournoi.
Un match couperet qui ne tourne pas dans notre sens
Cibona s’était également incliné lors de son premier match. La dernière rencontre de la soirée avait donc une règle très simple : le vainqueur poursuivait son aventure, le perdant rentrait à la maison.
C’est malheureusement nous qui avons quitté le terrain avec ce sentiment amer.
L’engagement et l’intensité étaient là, mais le match ne s’est jamais vraiment déroulé comme nous l’aurions souhaité. Nous avons eu du mal à trouver notre équilibre collectif et, surtout, rien ne semblait tomber de notre côté.
En face, les Croates ont trouvé des tirs difficiles, parfois en toute fin de possession, ces paniers qui font mal et qui peuvent rapidement changer la dynamique d’un match. Petit à petit, nous avons perdu pied et commencé à déjouer.
Malgré une tentative de remontée en fin de rencontre, nous n’avons jamais réussi à complètement revenir dans le match.
Notre Challenger s’arrêtait donc là, au bout de la nuit vendredi soir.
Et forcément, l’élimination a été difficile à encaisser.

Une immense déception, mais un public extraordinaire
Perdre est toujours frustrant. Perdre à la maison, devant son public, l’est encore davantage.
Nous aurions voulu jouer le samedi. Offrir une deuxième journée de compétition aux Bordelais. Leur donner un quart de finale et continuer cette aventure avec eux.
Vendredi soir, en quittant le terrain, c’était certainement ce qui faisait le plus mal.
Parce que Bordeaux avait répondu présent.
Les tribunes étaient pleines, l’ambiance incroyable et toute une ville était venue nous soutenir. Nous aurions aimé leur rendre davantage sur le terrain.
Mais au-delà du résultat, il faut aussi prendre le temps de mesurer la chance que nous avons.
La chance de jouer chez nous, au cœur de Bordeaux, dans un cadre aussi exceptionnel. La chance de voir autant de monde se réunir autour du 3×3. Et la chance de pouvoir représenter notre ville sur la scène internationale.
Il n’y a aujourd’hui que trois équipes dans le monde qui ont la possibilité de jouer un tournoi international de ce niveau dans leur propre ville. Cela donne forcément une saveur particulière à ce rendez-vous.
Alors malgré la frustration sportive, nous repartons aussi avec beaucoup de reconnaissance. La communauté du 3×3 Bordelais que nous activons depuis maintenant 10 ans répond toujours présente.
Merci à la Ligue Nouvelle-Aquitaine de Basketball, à la Ville de Bordeaux et à l’ensemble des partenaires qui permettent de rendre ce projet possible. Merci également à toutes celles et ceux qui ont rempli les tribunes et donné une énergie particulière à cette cinquième édition.
Nous n’avons pas réussi à aller aussi loin que nous l’espérions. Mais une chose est certaine : jouer à Bordeaux reste toujours un moment à part.
Place à l’équipe de France avant la dernière ligne droite
Il faut maintenant rapidement tourner la page.
La semaine à venir sera volontairement adaptée à chaque joueur afin de récupérer et de recharger les batteries. Trois Bordelais vont ensuite rejoindre le groupe France pour préparer la prochaine échéance européenne : Emmanuel Monceau, Alex Vialaret et Paco Demazeau.
Une nouvelle aventure importante les attend avec l’équipe de France.
De notre côté, la saison est encore loin d’être terminée. Après cette parenthèse internationale, nous basculerons dans sa dernière partie, avec encore plusieurs beaux rendez-vous aux quatre coins du monde.
Et malgré la déception de ce week-end, l’envie reste la même : repartir, performer et continuer à faire briller Bordeaux sur la carte mondiale du 3×3.
Parce que si vendredi soir nous avons quitté le terrain frustrés, nous savons aussi pourquoi nous faisons tout cela.
Pour vivre des moments comme celui-là. Et pour avoir envie, dès le lendemain, d’en vivre encore d’autres.



